Sur la route d'Israël | |
Voeux pour 2007Je trouve cette photo extraordinaire.. le mur des lamentations.... mur immense et pourtant si petit lorsque l'on est devant....mur qui suscite tant de chagrins et donne tant d'espoirs, mur qui supporte tant de misères et apporte tant de joie... mur de réjouissance pour les bar mitzvots, mur symbolique où nos soldats prêtent serment.... lieu de recueillement du peuple juif .... un homme y récite ses prières....que peut-il bien demander? ...... quelles sont ses joies, quelles sont ses peines?...... il neige... de la neige sur Jérusalem, de la neige près du mur...... cette neige est blanche, immaculée.... image de pureté........image de paix.... Cette paix que nous désirons tous dans le monde....Puisse 2007 réaliser ce voeux si souvent répété..... que les hommes cessent de se détruire parce qu'ils sont de culture, de religion ou de couleur différente. Pour cette nouvelle année je vous offre ce discours de paix prononcé par Ytzhak Rabin en 1993, en hommage à Félix Houphouët-Boigny (Président de la Côte d'Ivoire de 1960 à 1990) discours d'espoir qui est et reste aujourd'hui plus que d'actualité..... Voilà plus d'un siècle que nous nous battons pour la même bande de terre, pour le même pays où le destin nous avait condamnés à vivre ensemble, nous les fils d'Abraham. Israéliens et Palestiniens, nous avons connu la souffrance, la douleur et le deuil. Aujourd'hui les flonflons des festivités se sont tus. Aujourd'hui, les échos de l'euphorie s'estompent peu à peu sous les nuages de poussière et le vent du sud incandescent qui emporte les cris de joie des hommes en fête. Aujourd'hui les drapeaux sont repliés, les trompettes rangées, les estrades de planches démontées. Aujourd'hui commence la phase la plus difficile, la plus dangereuse aussi, et chacune des parties doit soigneusement mesurer ses pas, avec clairvoyance, avec circonspection, car un siècle d'hostilité ne peut s'évanouir par la seule magie d'une poignée de mains à Washington, ni les flots de sang versés être couverts par le roulement des tambours. La paix s'édifiera tout doucement, dans la vie de tous les jours, dans les petits gestes, dans les détails insignifiants. Elle se construira pas à pas, grâce à l'action d'hommes et de femmes. Dès à présent, la conclusion de la paix n’appartient plus aux projecteurs, ni aux salles fastueuses, ni aux robes de gala. Dès à présent l'éclat du soleil ardent de Jéricho et de Naama, de Khan Youness et de Netser-’Hazani remplace la lumière des projecteurs de Washington, du Caire, de Paris.Les poignées de mains sur la pelouse de la Maison Blanche, sur la scène du Palais des Congrès du Caire, et ici, à Paris, doivent se doubler de poignées de mains échangées entre les habitants de Gaza et d'Ashkelon, de Jéricho et de Maalé-Adoumim. Cette scène magnifique, ici, à Paris, doit être relayée par le marché aux primeurs de Gaza où la femme israélienne achètera ses légumes à l'étal du marchand palestinien. La paix s'édifiera autour de la tasse de café versée par un Israélien à son ami palestinien. Elle se traduira par les applaudissements des spectateurs israéliens adressés à la troupe de théâtre palestinienne, par les injures échangées entre les supporters des équipes de football de Khan Youness et de Tel-Aviv. La paix s’installera quand le conducteur israélien cédera la priorité à son confrère palestinien (ou le contraire), quand le médecin israélien sourira à l'accouchée palestinienne, quand le policier palestinien dressera un procès-verbal au chauffeur israélien (ou le contraire), quand sur la plage, le maître-nageur israélien adressera un sourire aux baigneurs palestiniens. C'est cela la paix. Nous allons doucement, avec circonspection, à petits pas précautionneux, car les ennemis de la paix sont plus nombreux que nous ne l'imaginions : des extrémistes nous guettent des deux côtés de la barricade, tant chez les Palestiniens que chez les Israéliens. Et nous, Israéliens et Palestiniens, nous n'avons pas le droit d'échouer. Il nous faut faire preuve de réflexion, de discernement, de perspicacité, de prudence.Mais nous sommes pressés, car depuis plus de cent ans l'on attendait ce jour à Jérusalem, Gaza, Jéricho, Netanya, Rafiah et Roch Pina.Nous sommes pressés d'épargner les larmes de douleur d'une autre mère israélienne, les larmes d'amertume d'une autre mère palestinienne.Nous sommes pressés de voir une lumière s'allumer dans les yeux de voisins qui n'ont pas connu le moindre jour de liberté et de joie. Nous sommes pressés de pouvoir nous promener à notre aise et profiter de la vie, en tous lieux du pays d'Israël.Nous sommes pressés, car il nous faut édifier notre peuple qui revient de cent pays d'exil à Jérusalem, capitale éternelle de l'État d'Israël et cœur du peuple juif. Nous sommes pressés pour ces enfants qui naîtront dans un monde nouveau où « hostilité » et « guerre » ne seront plus que des mots oubliés, enterrés dans les dictionnaires. Nous sommes pressés – savez-vous –, et c'est pourquoi nous allons doucement. Nous sommes prudents car nous réalisons qu'une nouvelle chance ne se représentera plus.Nous savons fort bien que sur cette scène où nous nous tenons aujourd'hui, mon confrère Shimon Pérès et moi-même, ce n'est pas à nous, du moins pas à nous seuls que vous rendez hommage, mais à l'État d'Israël tout entier ; à ses citoyens qui rêvent de paix. La paix est un concept abstrait. Les chefs d'État s'attachent à l'essentiel, aux grandes lignes. Ils disent n'avoir pas de temps à perdre dans les détails. Pour moi, la paix a un visage de chair et de sang ; la paix, ce sont des hommes et des femmes qui ont un nom, une adresse. Parfois, lorsqu'il me faut prendre une décision, je me souviens de certains d'entre eux. je pense à leur destin. Il y avait en Israël une famille qui symbolisait à nos yeux la chaîne des générations et l'enracinement dans la terre d'Israël, les valeurs de la morale et de la civilisation juives, l'attachement au sol après deux mille ans d'exil, la sécurité, le rêve de paix. La mère, Rachel Kaplan, était la fille du grand rabbin de Jérusalem, qui descendait d'une famille dont les racines étaient solidement plantées, depuis des générations, entre le Mur des Lamentations, les remparts de la vieille ville et la ville nouvelle, à «Yeroushalayim », la cité de la Paix. Le père, Israël, était venu de Pologne s'installer sur la terre promise à Abraham, le père de la nation juive. Comme lui, et après lui, des foules d'immigrants sont revenues de tous les pays d'exil et ont rejoint la demeure ancestrale. Avner était le fils aîné de Rachel et Israël Kaplan. Il avait choisi le travail de la terre, le défrichement et la vie rurale, comme mode de vie, comme expression supplémentaire du lien du peuple juif avec la terre d'Israël. Avner Kaplan perdit la vie par accident, brûlé vif dans l'incendie de sa maison, au kibboutz Tel Katsir, aux pieds du Plateau du Golan. Yossi était le second fils de Rachel et Israël Kaplan. Il avait choisi la défense de la patrie, comme mode de vie. Parachutiste, il fut un officier de valeur. Yossi fut tué en poursuivant des terroristes dans la Dépression du Jourdain. Arrivé devant une grotte, il avait vu une femme et son nourrisson. Yossi Kaplan, homme de vertu et de probité, humaniste dont seules les circonstances avaient fait de lui un soldat implacable, fit confiance à la femme qui affirmait que la caverne était vide, que nul ne s'y cachait. Il s'éloignait lorsqu'il fut abattu par l'homme embusqué dans la grotte. C'est ainsi que mourut Yossi Kaplan. Yom était le troisième fils de Rachel et Israël Kaplan. Yom avait choisi le chemin des études universitaires et du service dans l'armée d'Israël, comme mode de vie. À cause de la mort de ses deux frères, il aurait pu bénéficier d'une exemption, ne pas s'engager dans une unité d'élite. Mais il ne voulait pas renoncer à son droit de se trouver en première ligne, de monter à l'assaut. Yoni Kaplan fut tué dans les terribles combats contre l'armée égyptienne, durant la Guerre du Yom Kippour. Rachel, la mère de cette lignée admirable, s'éteignit après une implacable maladie. Israël, le père de cette noble famille, mourut le cœur brisé par le destin de ses trois fils qui, l'un après l'autre, avaient quitté le monde des vivants. Le dernier survivant, Amiram Kaplan, est le quatrième fils. C'est pour toi, Amiram, C'est pour toi, C'est pour nos enfants et pour leurs enfants après eux, que nous nous sommes engagés sur la route de la paix. Nous allons doucement car nous sommes pressés. Nous marcherons doucement pour vous l'apporter au plus vite. Nous en avons fait le serment. Merci beaucoup. Chalom.
"Notre combat n'est pas terminé, il ne sera jamais terminé, le vrai combat demeure, c'est le combat pour la paix" Felix Houphouët-Boigny le Sage de l'Afrique (1905-1993)
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